Revue de Presse

Agglomération Creilloise : Impots locaux, ça va faire mal (à cause de l’incinérateur)

Le jeudi 27 février 2003
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Qui a dit : sans oublier l’ardoise financière du chantier de l’incinérateur de Villers-Saint-Paul (la cotisation au SMVO, syndicat mixte de la vallée de l’Oise, double, passant de 6,4 € par habitant à 11,95 €)

Christian Grimbert

Il devrait se plaindre à celui qui s’est tant déméné sur ce dossier, pour le faire aboutir.

Etonnant non ?

LA FACTURE FISCALE 2003 pour les contribuables de l’agglomération creilloise (Creil, Nogent, Montataire, Villers) risque d’être salée. Mardi soir, le président et maire de Creil, Christian Grimbert, a présenté le débat d’orientation budgétaire. Et l’équation est malheureusement implacable pour les finances intercommunales. Des recettes toujours aussi faibles et des dépenses qui augmentent. En 1999, la CAC pouvait compter sur 17,2 M€ en recettes ; quatre ans plus tard, en 2002, il n’y avait que… 342 000 € de plus dans les caisses. Pas de quoi lancer d’ambitieux investissements. Et en 2003, à taux d’imposition stables, les recettes n’augmenteraient que de 0,6 %. Christian Grimbert n’a pas manqué de critiquer l’Etat, parlant « d’injustice grave » en évoquant la baisse régulière de la DGF (dotation globale de fonctionnement).

Il n’y a plus de marge de manoeuvre

Du côté des dépenses, en revanche, c’est la flambée. « Elles progressent très sensiblement », relève Christian Grimbert. Que ce soit pour les pompiers (près de 3 M€ l’année dernière, 9 % d’augmentation entre 1999 et 2003) ou pour les collèges (685 000 € versés au conseil général), sans oublier l’ardoise financière du chantier de l’incinérateur de Villers-Saint-Paul (la cotisation au SMVO, syndicat mixte de la vallée de l’Oise, double, passant de 6,4 € par habitant à 11,95 €). Autrement dit, il n’y a plus de marge de manoeuvre. Il resterait bien la solution de l’emprunt, mais, là aussi, les financiers de la CAC sont coincés : « Le recours à de nouveaux emprunts doit être strictement encadré », a prévenu le président. En 2003, l’agglomération devra payer 4,1 M€ d’annuité de la dette. Et pour éponger entièrement sa dette, il lui faudrait, au rythme actuel, plus de douze ans. Effectivement, il est urgent d’appuyer sur le frein. Les financiers ont donc tourné les chiffres dans tous les sens, et il n’y a qu’une seule issue : augmenter les impôts. Lors du débat, mardi soir, pas un mot sur le sujet, Ô combien épineux. Pourtant, dans les couloirs, personne ne cachait qu’il fallait y passer. On ne saura que le 31 mars à quelle sauce les contribuables seront mangés. Mais 8 % de hausse, après les 2 % de l’année dernière, semble être un minimum vital pour simplement équilibrer les comptes, sans même parler de la mise en place de services supplémentaires aux habitants. Rappelons que l’inflation est de 1,6 %. Une pilule qui sera certainement politiquement difficile à « vendre » aux contribuables. Et encore, sans parler de l’éventuelle prise en charge par la communauté de la collecte des ordures ménagères, toujours en suspens. Une décision doit impérativement être prise début mars, pour que les communes puissent intégrer ce paramètre dans leurs propres budgets. D’ici là, le bras de fer entre communes « pauvres » (Creil et Nogent) et communes « riches » (Montataire et Villers) aura livré son verdict.

Olivier Debruyne

Les articles reproduits ici sont issus du journal "Le Parisien", que nous remercions vivement de nous avoir autorisé à les reproduire.

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