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Voeux 2001 au Président du SMVO

Le mercredi 19 janvier 2011

Objet : vœux de l’association Alerte aux déchets pour l’année 2011

Monsieur le Président,

Je vous prie d’accepter les meilleurs vœux de l’association Alerte aux déchets pour l’année 2011 !

Nos vœux pour cette nouvelle année se focalisent sur le souhait de mieux comprendre votre stratégie et votre contribution à l’élaboration et à la mise œuvre du nouveau plan départemental de prévention et de gestion des déchets. En effet, après avoir participé activement aux travaux de concertation menés par le Conseil général, le SMVO a in fine adopté une position peu compréhensible, où il était question à la fois d’abstention et d’opposition au nouveau plan… ? Quelle est donc la position définitive du SMVO sur ce nouveau plan et quelles en sont les raisons ?

S’il s’agit d’une opposition, pouvez-nous expliquer en quoi l’actuel arrêté de 1999 vous semble supérieur et conforme aux plans de la ministre Ollin et du Grenelle de l’environnement, visant à réduire substantiellement les tonnages de déchets non triés ? Compte-tenu de la crise écologique majeure que nous traversons (civilisation du gâchis consumériste et de la pollution de l’environnement), n’y-a-t-il pas urgence à remplacer le plan départemental obsolète de 1999 par un document qui donne la priorité à la prévention, au tri et au recyclage, permettant d’éviter la construction d’un 2ème incinérateur dans l’Oise avant 2015 et de développer les filières de recyclage ?

Par ailleurs, le site internet du SMVO ne dit pas un mot du nouveau cadre réglementaire départemental et encore moins du processus de refonte du plan sous l’égide du Conseil général. Comment un syndicat mixte couvrant 265 communes de l’Oise peut-il décider d’ignorer ainsi l’échelon départemental, bénéficiaire de la décision gouvernementale de décentralisation de cette politique depuis le 1er janvier 2005 ? Simple omission ?

Concernant précisément le site du SMVO, nous émettons le vœu pour l’année 2011, que les chiffres-clés soient immédiatement accessibles, sans devoir aller les chercher dans les différents rapports annuels. Ne serait-il pas possible de produire un petit tableau de synthèse, faisant apparaître à partir de 2004, l’année de mise en service de l’incinérateur et du centre de tri de Villers-Saint-Paul, les tonnages annuels de déchets collectés (à domicile + apport volontaire), incinérés, enfouis, triés (par matière) et dirigés vers une filière de recyclage. Il serait ainsi facile de suivre les grandes évolutions sur la série 2004-2010 et d’y associer les objectifs que se fixe le SMVO. Sous la forme d’un tableau de bord, il est important que ces chiffres soient facilement accessibles aux habitants dont les communes sont membres du SMVO et par tout citoyen intéressé par l’évolution des comportements dans la prévention et le tri des déchets dans l’Oise, puisqu’il s’agit d’une politique départementale.

Vous nous dîtes par ailleurs sur le site du SMVO que la poubelle grise de l’habitant du SMVO pèse 335 kg en 2007 (avez-vous les chiffres 2008 et 2009 ?), dont 39% de déchets biodégradables. Ces 39% représentent 130 kg et ceci indépendamment des 97 kg de déchets verts collectés dans certaines communes. Pouvez-vous nous préciser dans combien de communes a lieu cette collecte et combien d’habitants sont concernés ?
Le chiffre de 130 kg de déchets biodégradables par habitant est considérable (je vous laisse le multiplier par le nombre d’habitants sur le territoire du SMVO…). Avec un tel gisement de matière organique, n’y-aurait-il pas la plus grande urgence à mettre en place une filière de collecte des organiques et de méthanisation avec production de biogaz, technique incomparablement plus performante que l’incinération pour produire de l’énergie ? N’est-il pas plus pertinent de valoriser notre matière organique à travers la production de biogaz et de compost, plutôt que de soutenir un projet de centrale à Verberie, qui pour 600 M€ se contentera de brûler du gaz importé, ayant parcouru des milliers de km et aggravant le déficit de la balance commerciale française ?

Et puis, quel non sens que de brûler dans l’incinérateur de Villers-Saint-Paul 40% de matière organique avec des déchets tout-venants, mélangée aux composés chimiques, métalliques et plastiques les plus polluants qui soient. Ne nous dîtes pas que l’objectif est le recyclage de ces matières en mâchefers pour les sous-couches routières !

Monsieur le Président, soyez-en convaincu, il y a beaucoup mieux à faire que l’incinération avec ce gisement de matière organique. A ce gisement peuvent être ajoutés les milliers de tonnes de fumier non utilisés par l’agriculture isarienne. Nous partageons votre point de vue : « Si chacun de nous améliore encore la qualité de son tri, le poids de notre poubelle par habitant peut diminuer jusqu’à 74 kg/an. » Mais il faut aussi s’en donner les moyens… par la mise en place d’une collecte plus systématique des fermentescibles et l’installation d’une structure de méthanisation. Des solutions existent et fonctionnent de façon satisfaisante, il suffit de regarder ce qui se fait dans d’autres régions françaises et pays européens.

Un autre vœu concerne les relations entre le SMVO et la grande distribution, qui semblent inexistantes, alors que l’essentiel des déchets que doit gérer le SMVO provient de la grande distribution. N’y-a-t-il pas là un partenariat à mettre en place, pour convaincre les distributeurs d’installer des bacs de tri à l’entrée ou à proximité de leurs magasins, de lancer des démarches de prévention des déchets où ils cesseraient d’inonder les consommateurs de suremballages, de produits faiblement réutilisables et à durée de vie volontairement raccourcie ? La pollution de l’environnement par les emballages issus de la grande distribution, mais aussi de la restauration rapide, est un fléau auquel il est urgent de s’attaquer. Le SMVO en a les moyens et il n’y a pas de raison que les distributeurs et restaurateurs ne participent pas financièrement à l’effort de prévention des déchets autrement qu’en faisant écrire sur les emballages « ne pas jeter sur la voie publique ».

Un dernier mot concernant les déchetteries, qui sont bien évidemment un outil essentiel du dispositif du SMVO, qu’il convient de conforter et de développer… en continuant de progresser : il est anormal qu’on nous signale encore des présences d’écrans dans les bennes à gravats. Cela ne devrait plus se produire. On peut aussi regretter que certaines collectes n’aient pas encore été mises en place, à commencer par les lampes usagées. Alors que le ministère de l’écologie a beaucoup communiqué en 2010 sur les lampes basse consommation et la nécessité de rapporter aux points de collecte les lampes usagées, nous ne comprenons pas qu’à l’accueil dans les déchetteries du SMVO, on nous dise de les jeter avec les gravats, dans les bennes « tout venant » destinées à l’enfouissement ; les lampes contiennent des métaux lourds et de nombreux composants recyclables. Il est donc important pour la protection des sols et de l’eau dans l’Oise que cette collecte soit rapidement mise en place par le SMVO.

En espérant avoir formulé des vœux très raisonnables pour bien débuter l’année 2011, je vous prie d’accepter, Monsieur le Président, mes salutations les plus écologiques.

Le Président d’Alerte aux déchets

Pierre BOUILLON

Copie : Conseil général de l’Oise, Communauté de l’agglomération creilloise.


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