Communiqué de presse

Le dimanche 31 janvier 2010

Dépassement dans le bassin creillois, pendant la journée du 27 janvier 2010 du seuil d’information de 80µg de poussières fines de combustion par m3 d’air

Les élus du bassin creillois ont-ils mis en œuvre es recommandations suivantes ?

Vigilance vis-à-vis des personnes sensibles : enfants, personnes âgées, personnes ayant une maladie respiratoire ou cardiaque, personnes souffrant d’une pathologie chronique. Pour ces personnes, il faut suivre le traitement médical s’il existe, surveiller l’apparition de symptômes tels que irritation de la gorge, des yeux, difficultés à respirer et ne pas hésiter à consulter.

Déplacements : limiter l’utilisation des véhicules personnels, réduire sa vitesse de 20 km/h et privilégier les transports en commun, le covoiturage.

Sport et plein air : éviter les activités sportives en plein air, afin de ne pas augmenter les quantités de polluants présents dans l’air sous forme de particules fines susceptibles de se loger dans les branches.

En tout premier bilan, nous savons d’ores-et-déjà que rien n’a été fait pour limiter la vitesse de circulation des voitures sur les routes à deux fois deux voies de l’agglomération, notamment sur la RD1016, les services de l’Etat et du Conseil général ayant toujours refusé l’installation de panneaux informant de l’existence d’un pic de pollution et demandant de réduire la vitesse de 20km/h.

Aucun des deux fours de l’incinérateur de Villers-Saint-Paul n’a par ailleurs été arrêté temporairement pour limiter la pollution atmosphérique.

Nous savons également qu’en ce mercredi jour des activités sportives par excellence, si des activités sportives en extérieur n’ont pas eu lieu, c’était en raison du froid, non pour protéger les enfants de la pollution atmosphérique. Tous les responsables de club auraient dû être informés du pic de pollution par les services municipaux, pour qu’ils annulent les activités sportives en extérieur, afin de protéger les bronches des enfants.

Mais devons-nous nous limiter à gérer les conséquences de la pollution atmosphérique ?

Bien sûr que non ! Il convient de mettre en œuvre des mesures de prévention de ces pollutions aux poussières fines, qui se répètent désormais chaque hiver.

Alerte aux déchets considère qu’il est grand temps de privilégier les énergies renouvelables, non seulement pour lutter contre l’effet de serre et anticiper l’épuisement inéluctable des combustibles fossiles, mais aussi pour la qualité de l’air et la santé publique. Nous avons pour cette raison écrit le 4 janvier 2009 au Président de la Communauté de communes de l’Agglomération Creilloise, pour qu’il s’attaque au chantier de la conversion des chaudières au fioul, en se tournant vers les sources d’énergie renouvelables et nettement moins polluantes (courrier ci-joint).

Un an a passé depuis… et nous attendons toujours sa réponse…

Sur le thème de la pollution de l’air par les poussières fines, le ministère de l’écologie souligne que ces pollutions, dont l’impact sur la santé est à présent avéré, augmentent régulièrement chaque année. A la demande de Nathalie Kosciusko-Morizet, en octobre 2007, une procédure de gestion des pics de pollution par les particules à été mise en place sur le territoire. Celle-ci prévoit la diffusion d’une information obligatoire du public accompagnée de recommandations comportementales.

Alerte aux déchets se félicité que la procédure soit opérationnelle en Picardie et que l’ATMO-Picardie s’acquitte de sa mission en ajoutant la possibilité d’une information en temps réel sur téléphone portable (inscription sur le site de l’ATMO-Picardie). Mais il reste aux communes à réagir vite lors de la réception des alertes ATMO, pour protéger les populations à risque, mais aussi mettre en place à moyen terme les politiques de prévention adéquates.

Le ministère de l’écologie précise que les particules en suspension dans l’air sont considérées comme un des principaux indicateurs de la qualité de l’air. Elles constituent un ensemble hétérogène dont chaque élément possède sa propre caractérisation physico-chimique. De nombreuses études sont menées concernant leurs effets sur la santé. Ces effets dépendent, d’une part, de leur granulométrie (elles pénètrent d’autant plus profondément dans l’appareil respiratoire que leur diamètre est faible) et, d’autre part, de leur composition chimique (elles peuvent en effet contenir des produits toxiques tels que des métaux ou des hydrocarbures aromatiques polycycliques dont certains sont considérés comme cancérigènes).

Pour les particules dites PM10 (objet du pic de pollution de ce jour), rappelons que la valeur limite pour la protection de la santé humaine est de 50 μg/m3 et qu’elle est régulièrement dépassée en hiver (si l’ATMO-Picardie mettait l’information à disposition du grand public, il nous serait possible aux habitants et à la presse d’extraire sur internet des séries statistiques sur la qualité de l’air en agglomération et les mesures sur plusieurs mois de tel ou tel polluant…).



Nous nous étonnons par ailleurs que l’arrêté de la préfecture de l’Oise instituant une procédure d’information et recommandation, d’alerte et de mesures d’urgence en cas d’épisode de pollution atmosphérique, daté du Oise du 16 juillet 2004, ne mentionne que 3 polluants (le dioxyde d’azote, le dioxyde de soufre, l’ozone), sans faire aucune mention des poussières, qu’elles soient d’un diamètre inférieur à 10µg/m3 ou à 2,5 µg/m3…

Pourquoi cet arrêté n’est-il pas actualisé, compte tenu des problèmes récurrents de pollution urbaine par les poussières fines rencontrés dans les grandes villes de l’Oise ?
 
Le Président d’Alerte aux déchets

Pierre BOUILLON


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