Alerte en Action

Dépassement dans le bassin creillois du seuil d’information de 80µg de poussières fines de combustion par m3 d’air…

Le lundi 12 janvier 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE D’ALERTE AUX DECHETS

Encore un dépassement dans le bassin creillois du seuil d’information de 80µg de poussières fines de combustion par m3 d’air…

Ce samedi 10 janvier, l’indice de la qualité de l’air dans le bassin creillois atteint la valeur 9 sur une échelle de 10, ce qui correspond à une qualité « très mauvaise » selon l’ATMO Picardie.

Une nouvelle fois, les recommandations suivantes sont rappelées à la population :

Etre vigilant vis-à-vis des personnes sensibles : Enfants, Personnes âgées, Personnes ayant une maladie respiratoire ou cardiaque, personnes souffrant d’une pathologie chronique. Pour ces personnes, il faut suivre le traitement médical s’il existe, surveiller l’apparition de symptômes tels que irritation de la gorge, des yeux, difficultés à respirer et ne pas hésiter à consulter.
Déplacements : Limiter l’utilisation des véhicules personnels, réduire sa vitesse de 20 km/h et privilégier les transports en commun, le covoiturage.
Sport et plein air : éviter les activités sportives en plein air, afin de ne pas augmenter les quantités de polluants présents dans l’air sous forme de particules fines susceptibles de se loger dans les branches.

Mais devons-nous nous satisfaire de simples recommandations lors de ces pics de pollution qui deviennent fréquents en périodes anticycloniques, plutôt que de mettre en œuvre des mesures de prévention ?

Alerte aux déchets considère qu’il est grand temps de privilégier les énergies renouvelables, non seulement pour lutter contre l’effet de serre et anticiper l’épuisement inéluctable des combustibles fossiles, mais aussi pour la qualité de l’air et la santé publique. Nous avons pour cette raison écrit le 4 janvier 2009 au Président de la Communauté de communes de l’Agglomération Creilloise, pour qu’il s’attaque au chantier de la conversion des chaudières au fioul, en se tournant vers les sources d’énergie renouvelables et nettement moins polluantes (courrier ci-joint).
Nous attendons impatiemment sa réponse…

Sur le thème de la pollution de l’air par les poussières fines, le ministère de l’écologie souligne que ces pollutions, dont l’impact sur la santé est à présent avéré, augmentent régulièrement chaque année. A la demande de Nathalie Kosciusko-Morizet, en octobre 2007, une procédure de gestion des pics de pollution par les particules à été mise en place sur le territoire. Celle-ci prévoit la diffusion d’une information obligatoire du public accompagnée de recommandations comportementales. Ce dispositif a déjà été enclenché 31 fois par les préfets depuis le mois de janvier 2008.

Alerte aux déchets se félicité que la procédure soit opérationnelle en Picardie et que l’ATMO-Picardie s’acquitte de sa mission en ajoutant la possibilité d’une information en temps réel sur téléphone portable (possibilité d’inscription sur le site de l’ATMO-Picardie).

Le ministère que les particules en suspension dans l’air sont considérées comme un des principaux indicateurs de la qualité de l’air. Elles constituent un ensemble hétérogène dont chaque élément possède sa propre caractérisation physico-chimique. De nombreuses études sont menées concernant leurs effets sur la santé. Ces effets dépendent, d’une part, de leur granulométrie (elles pénètrent d’autant plus profondément dans l’appareil respiratoire que leur diamètre est faible) et, d’autre part, de leur composition chimique (elles peuvent en effet contenir des produits toxiques tels que des métaux ou des hydrocarbures aromatiques polycycliques dont certains sont considérés comme cancérigènes).

Jusqu’à récemment, la surveillance portait avant tout sur les particules dont le diamètre est inférieur à 10 μm dites PM10. L’attention se focalise aujourd’hui sur les particules les plus fines. Ainsi les PM2,5 seront réglementées par la nouvelle directive européenne sur la qualité de l’air, votée au Parlement européen en décembre 2007 qui devrait entrer en vigueur au printemps 2008. C’est pourquoi, en complément de la celle des PM10, une surveillance des PM2,5 est réalisée depuis quelques années. En 2007 les PM2,5 ont été mesurées en France sur 57 stations. Un des capteurs a été installé à la Faïencerie de Creil.

Les PM2,5 ont également fait l’objet de travaux dans le cadre du Grenelle de l’Environnement et une valeur de 15 μg/m3, plus ambitieuse que les valeurs retenues dans la directive, s’appliquera sur le territoire français dès 2010 en tant que valeur cible puis en 2015 en tant que valeur limite, valeur qui était largement dépassée hier à Creil, alors que nous atteignions déjà 45 μg/m3. Il est vraisemblable que la valeur de ce samedi et de demain dimanche se rapproche voire dépasse celle du 4 janvier (65 μg/m3).

Pour les particules PM10, rappelons que la valeur limite pour la protection de la santé humaine est de 50 μg/m3 et que celle-ci a déjà été dépassée une quinzaine de fois depuis la mi-décembre 2008 (nous regrettons d’ailleurs que les données ne soient pas facile à agréger sur le site de l’ATMO-Picardie).

Nous nous étonnons enfin que l’arrêté de la préfecture de l’Oise instituant une procédure d’information et recommandation, d’alerte et de mesures d’urgence en cas d’épisode de pollution atmosphérique, daté du Oise du 16 juillet 2004, ne mentionne que 3 polluants (le dioxyde d’azote, le dioxyde de soufre, l’ozone), sans faire aucune mention des poussières, qu’elles soient d’un diamètre inférieur à 10µg/m3 ou à 2,5 µg/m3…

Ce arrêté semble devoir être très rapidement actualisé, compte tenu des problèmes récurrents de pollution urbaine par les poussières fines rencontrés dans les grandes villes de l’Oise.

 
Le Président d’Alerte aux déchets

Pierre BOUILLON


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